Samedi matin, chez le dentiste:

"Vous faites quoi dans la vie? Vous êtes étudiante?

- Oui, je sais, je fais jeune. Non, je suis prof.

- Ah oui? De quoi?

- Français.

- Ca ne doit pas être facile tous les jours... Les jeunes d'aujourd'hui sont durs... Et puis, il y a un vrai problème avec l'orthographe...

- Non, non, ça se passe très bien. J'enseigne le français aux étrangers."

J'aime bien remettre les choses à leur place. Je suis une jeune prof. J'ai presque des adultes en face de moi. J'enseigne en lycée professionnel, à des élèves étrangers. Pour certains, je dois cumuler les handicaps... C'est pour ça que c'est assez jouissif de dire aux mauvaises langues que j'adore mon boulot, que mes élèves sont bosseurs, que je n'ai pas de problème de discipline... Ce n'est pas le pays des bisounours non plus. Il y a d'autres problématiques à gérer, parfois douloureuses. Et puis, ils peuvent être chiants aussi... De vrais élèves, quoi.

Grâce à Lisa et Léo (les it girls amiénoises), j'ai assisté à l'avant-première du nouveau film de Julie Bertuccelli. "T'as eu l'impression d'être au boulot?". Et, c'était un peu ça. Même si ça se passe dans un collège, j'ai retrouvé l'énergie de mes élèves, leur curiosité, leur bonne humeur, leur colère aussi, leur histoire (toujours présente, même s'ils en parlent assez peu), leur spontanéité...

J'ai été émue par cette classe et je pense que la majorité des spectateurs a versé sa petite larme (pourtant, ça ne tombe jamais dans le pathos).

Et quelques heures après la projection, je recevais un appel de Mohammed Umar: "Bonjour Mme C! Vous allez bien? Je suis à Nice en ce moment. Je travaille dans le bâtiment. Et le lycée, ça va? Et les élèves de FLE, ils sont bien?"

Bref, j'aime mon boulot.